Le temps est couvert mais pour le moment la pluie n'est pas de la partie. L'ambiance est la même que l'an passé, conviviale, amicale et dans un bon esprit trail comme j'adore. Sur la place du village se mélangent supporters, villageois, organisateurs et coureurs, tous heureux d'être de la fête. La Rumeur, sous le coup de problèmes de santé, se fixe sur son objectif, finir. Quand à moi, je caresse l'espoir de faire au moins le même temps que l'année passée sachant que le parcours compte 5km et 500m de dénivelé positif supplémentaire. Le speaker annonce le départ imminent, dernières vérifications, quelques encouragements aux coureurs voisins et un Big FEROOOS pour nous deux. Ca y est le départ est donné et plus de 500 coureurs partent à l'aventure. Le peloton s'étire rapidement dessinant une magnifique traîne de frontales oscillantes dans la nuit. Cré cré bôôôô.Les premiers kilomètres de monté nous rappelle rapidement que vous êtes en montagne et que les bosses de la régions parisienne sur lesquelles nous nous sommes entraînées ne sont que de vulgaires taupinières. Ca va faire mal!
Direction le col de Portet, avec une grosse montée sur les pistes de ski de la station d'Espiaube. Les jambes répondent bien et je quitte alors la Rumeur qui lui, reste prudent (Si si ça lui arrive).
Déjà les supporters matinaux Marc et Nina munis d'une cloche pour vaches nous poussent ou du moins nous sonnent.Au 1er Ravito (12ème kilo), j'aperçois une silhouette qui ne m'est pas inconnue, puisqu'il s'agit de Clément, mon compagnon de galère avec qui j ai parcouru plus de la moitié du parcours en 2009. Hélas, blessé, il ne peut que nous encourager mais ça fait vraiment du bien. Big up Clém!
La montée sur le col de Bastanet se fera sans difficulté sauf pour mon bâton qui se tordra la pointe (Ça vous rappelle rien?). Ca y est ça descend, très technique au début puis plus roulant je prend plaisir a dévaller... Je lève le pied après quelques douleurs à l'estomac. ??? Bizarre. Les derniers kilos de pente vers Artigues se font à vitesse réduite car les chocs amplifient le mal. Ravito 2 (30ème km). Les supporters sont en transe. Cloches, banderoles et cris nous poussent. Je me pause quelques instants, mange difficilement, m'étire.
L'arrivée de La Rumeur dans un vacarme presque assourdissant (Efficaces les encouragements) verra mon départ vers le col de Sencours (7km et 1200 D+). Au bout de 2km des douleurs me terrassent stoppant ma progression. Je m'allonge quelques minutes, repart puis me recouche dans l'herbe. Plus rien ne passe. J'attends La Rumeur pour m'accrocher à lui et poursuivre le parcours. Nous ne ferons que peu de distance ensemble. Je le laisse s'envoler et arpente pas à pas l'interminable cote. La déshydratation n'est pas loin car je ne supporte plus la boisson énergétique et je n'ai que ca dans mon sac. Le Captain Feros en personne est au sommet et m'aide a terminer les derniers mètres.
C'est reparti, en chemin je croise La Rumeur qui descend pépère de l'observatoire. La difficulté est de taille mais le panorama vaut le détour. WAOU! L'effort est récompensé. C'est magnifique!
Je ne m'attarde pas trop, le power remonte et il est temps pour moi de commencer la descente de plusieurs kilomètres vers Tournaboup. Impec! tout en courant! le ravito (50 ème) est en vue, les supporters sont là.
Il règne une atmosphère de calme, de doute et de respect,dans cette tente ou se croisent les trailers des deux courses. Le visage des ultramans est empli de fatigue et de détermination. Je n'ai plus qu'une envie, en finir de ce tracé. Je me change, avale quelques trucs et en avant vers les dernières difficultées. La longue montée vers le Portet et l'interminable descente vers le lac de L'oule se feront au moral. Enfin le dernier Ravito. La nuit est tombée accompagnée d'une bruine et d'une chute des températures. Les organisateurs nous annoncent que la pluie s'invite et qu'un brouillard épais se forme également. Bon ben je vais passer en mode long! Ça y est je suis prêt! Sur les conseils des bénévoles, nous nous regroupons avec d'autres trailers pour commencer à affronter le mauvais temps... Bien leur en a pris car à peine un kilomètre plus loin nous nous égarons quelque peu. Une voix au loin nous oriente et nous crie de suivre le télésiège pour retrouver notre piste. WAAAA j'allucine, la montagne nous parle les gars!!!! Ouf des balises. Impossible de courir, on ne voit pas à 5m. Ca va être long! Petit à petit le groupe se gonfle de coureurs solitaires et chacun y va de son couplet sur les galères qu'il a eu ainsi que des aventures qu'il a connu!!! Des vraies commères ces trailers pires que les filles du club d'athlé de Rambouillet et c'est peu dire...A l'approche de Soulan nous sortons du nuage et pouvons lâcher les dernières réserves qu'il nous reste. Si si il y en a encore! C'est bon de savoir que l'arrivée est proche. Je mets la gomme dans cette dernière pente quand tout à coup j'aperçois La Rumeur en personne, contraint par ses muscles à marcher. Nous finirons l'ultime poignée de kilomètres ensemble. Vielle Aure en vue, ça y est nous y sommes. Tous nos supporters sont là pour nous accueillir et nous pousser sur les derniers mètres.
Nous franchissons la ligne d'arrivée main dans la main et bouclons le parcours en 18h25... Objectifs atteints!!!
A peine changés, que le Captain nous berce déjà de projets fous pour l'an prochain. L'ultra en 2011!
A suivre..........

Dés le départ et avant même que nous n'atteignions les limites de Chamonix, le déluge s'est abattu sur les pauvres randonneurs d'un week end! Arrivée aux Houches, je me suis contenté d'un Coka, et j'ai repris la route. La montée du col de la Voza, s'est super bien passée, un rythme régulier et le moral au top. La douleur de la clavicule s'est mise de la partie dans la descente plutôt glissante sur St Gervais. La prudence était de mise, il fallait surtout pas chuter à ce stade de la course. Malgré la pluie, le public était nombreux et très enthousiaste à l'entrée et dans St Gervais comme à l'accoutumé. Mais la mauvaise surprise nous attendait quand nous avons franchis l'arche, Michel Poletti annonçait l'arrêt de la course: Des éboulements de terrain au col du Bonhomme, la pluie et le froid au col de la Seigne, des conditions rendant la course trés dangereuse. La direction de la course, ne voulait pas prendre de risques majeures pour les coureurs(e), (il y a eu trois décès dans le mercantour l'année dernière). Il fallait rapatrier 2300 coureurs(e) sur Chamonix. Les trains et les bus se sont succédés, Je suis rentré vers 1h du matin. A 2h du matin, nous avons reçu un SMS qui nous annonçait la reprise de la course le lendemain à 10h de courmayeur. 1h plus tard un 2ième SMS pour nous signaler qu'il n y a que mille places dans les bus.Il fallait arriver parmi les premiers. La pluie tombait toujours quand nous avons quitté Chamomix par le tunnel du Mont-Blanc. Donc après une nuit mouvementée, et une attente interminable, le départ fut donné à 10h15. Environ 1200 coureurs (500 TDS et 700 UTMB), s'élancent dans les rues de Courmayeur. Je n'avais pas les jambes de la veille, mais j'étais content d'y être. La montée de Bertone était laborieuse mais correcte! Ensuite j'ai bien déroulé jusqu' à Bonatti, après tout la course ne faisait que commencer! En levant les yeux à Arnuva vers le grand col Ferret, un frisson m'a parcouru le dos, on ne voyait même pas la moitié du géant! A peine avons nous dépassé le refuge Héléna situé à environ 1200m, des rafales de vent et une pluie glaciale nous piquait le visage! Il faisait -5°au sommet au col.La descente sur la Peule relève du slalom, mais dans la vallée le temps est plus clément. La montée de Champex et de Bovine de jour a rendu le parcours plus accessible. En revanche les descentes sur Trient et valorcine relèvent de l'exploit. la moindre vibration m'arrachait l'épaule..., sans compter l'eau et la boue! Une douleur au ventre à Catogne est venu compléter le tableau.
C'est avec un verre de coka, un bout de chocolat et un bout de banane que j'ai quitté le ravito de Valorcine, en espérant que cela va calmer mon estomac! La montée vers la flègère était très éprouvante. Sur le plateau, les pluies des jours précédents ont crées des voies secondaires inondées d'eau et de boue. Un compagnon de route m'a dépanné avec une compote qui m'a redonné un peu de force. Le moral était au plus bas quand je suis arrivé à la flègère. J'ai bu un coka, et j'ai déboulé à fond comme avec mon ami Cheche en 2008. L'arrivée sur Cham fut triomphale, j'ai eu l'honneur de franchir la ligne avec l'immense "Werner"Il a fait toutes les éditions et finisher à toutes les participations.'
La descente sur le lac de
Roulant, et ça part vite, très vite, puis trop vite pour le Captain qui souffre des premières chaleurs ;
je demande à Pat de laisser partir la tête de course et de lever le pied. Je souffle alors un peu, mais j'ai toujours tellement chaud... Heureusement l'épreuve canoë se profile.
Pat a une grosse fréquence mais je m'adapte et on est bien synchro ; on passe du monde, mais c'est sûrement des équipes de l'épreuve découverte car les deux courses sont mélangées et eux n'ont fait que 12 km en VTT.
Après quelques km roulants, épreuve de tir à la carabine pour un des deux équipiers. C'est Pat qui s'y colle et qui fait un carton : 15' de bonif (le max). On repart gonflés à bloc et vaut mieux parce que ça se corse : ça monte de plus en plus, et on pose même pied à terre à plusieurs reprises. On parvient enfin sur un plateau et on pose les vélos pour partir sur une CO de 8 balises. Pat prend l'orientation car il connaît le site. Effectivement il s'en sort plutôt pas mal, mais les distances sont assez longues et le parcours des plus accidentés. Du coup Pat commence à ressentir des crampes...
On finit quand même par rallier l'arrivée sans avoir la plus petite idée de notre classement...
C'est parti pour la deuxième partie de course. Je

